Mieux comprendre l'objectif zéro émission nette

Publié 29th mai 2020 par Morgane Sorin

A l’heure où la relance économique doit s’accompagner de mesures fortes pour faciliter la transition climatique, nombreuses sont les organisations qui se fixent un objectif zéro émission nette de carbone. La semaine dernière, le groupe Michelin a présenté sa stratégie de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), approuvée au préalable par la Science-based target initiative (SBTi), s’engageant ainsi dans sa transformation vers zéro émission nette.

Concrètement, qu’entend-on par l’objectif zéro émission nette ?

Pour les organisations, se fixer un objectif zéro émission nette veut dire s’engager à réduire drastiquement leurs émissions de GES en se rapprochant le plus possible de zéro et à compenser les émissions résiduelles par l’élimination et/ou la séquestration d’une quantité équivalente dans des puits de carbone (forêt, mangrove, océan, zones humides, sols, etc.).

Le concept de zéro émission nette se différencie de la neutralité carbone car cette dernière n’implique pas nécessairement la séquestration du carbone. Par exemple, si une entreprise, qui mesure et réduit ses émissions, compense ses émissions résiduelles via un projet d’investissement dans les énergies renouvelables, elle pourra atteindre la neutralité carbone en évitant la production de la quantité d’émissions équivalente. Si cette même entreprise souhaite aller plus loin et viser zéro émission nette, elle devra réduire au maximum ses émissions et financer des projets de séquestration des émissions, tels que la plantation de forêts ou la préservation des mangroves, qui, cette fois, élimineront toutes les émissions produites. La neutralité carbone est donc une étape clé dans la trajectoire zéro émission nette.

En parallèle, les stratégies de neutralité carbone et de zéro émission nette ont pour point commun de prôner une réduction drastique des émissions. Il s’agit pour les organisations de définir une trajectoire de décarbonation basée sur la science (SBT) puis de mettre en œuvre cette stratégie au travers d’un panel de solutions :  améliorer l’efficacité énergétique de vos activités, optimiser l’innovation via une meilleure collaboration entre les parties prenantes ou encore avoir recours à 100% d’énergies renouvelables. Pour vous y aider, plusieurs outils peuvent être mis en place : évaluer le coût/bénéfice des différentes options de décarbonation applicables à votre entreprise ou encore intégrer un mécanisme de prix interne du carbone.

Après avoir atteint l’objectif zéro émission nette, les organisations peuvent continuer leur transformation et devenir négatives en émission carbone nette, à condition de réunir les conditions citées ci-dessus et de permettre de séquestrer plus d’émissions qu’elles n’en produisent (directement – scope 1 & 2, et indirectement – scope 3). Par exemple, en janvier 2020, Microsoft s’est engagé à être négatif en carbone d’ici à 2030 en éliminant la totalité de ses émissions sur les scopes 1 et 2 et la moitié sur le scope 3. Considéré comme neutre en carbone depuis 2012 grâce à la compensation de toutes ses émissions, Microsoft souhaite accélérer sa transformation vers un nouveau modèle qui engage toutes ses parties prenantes (fournisseurs, clients, collaborateurs, etc.) autour d’un objectif commun : avoir un impact positif sur l’environnement.

Pourquoi l’objectif zéro émission nette est-il la clé de la transition climatique ?

A l’heure actuelle, nous devons éviter un réchauffement climatique de plus d’1,5 °C d’ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels pour éviter des conséquences catastrophiques des dérèglements climatiques telles que la disparition des récifs coralliens, la régularité de phénomènes météorologiques extrêmes ou encore la mise en péril de millions de personnes face à la montée des eaux.

Une réduction mondiale annuelle de 7,6 % sera nécessaire afin d’empêcher un réchauffement climatique supérieur à 1,5 °C. A ce jour, la pandémie de COVID-19 a entraîné en 2020 une baisse des émissions équivalente à celle que nous devons atteindre chaque année. En outre, si aucun effort n’est fait d’ici à 2025, une réduction annuelle de 15,7 % sera nécessaire, ce qui représente un objectif impossible à atteindre si on le compare avec la baisse, déjà inédite, due au coronavirus.

Ces données prouvent l’urgence d’agir volontairement en tant qu’organisation avant d’être rattrapée par le cadre réglementaire et législatif de plus en plus exigeant. C’est d’ailleurs ce qu’Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, appelle les patrons français à faire dans une lettre qui leur a été adressée fin mai. « Ne pas prendre le virage écologique aujourd’hui, c’est mettre en danger son entreprise », a-t-elle expliqué sur France Inter. Et elle a raison, les entreprises engagées ont montré une résilience plus importante face à la crise due au coronavirus. S’engager dans une démarche vers zéro émission nette sera donc bénéfique pour la pérennité des organisations et de la planète.

Prenez la trajectoire zéro émission nette avec EcoAct

Début 2020, nous avons lancé un guide en cinq modules pour atteindre zéro émission nette, appelé « A to Zero ». Adaptable à chaque organisation, ce programme répond aux Objectifs de développement durable définis par l’ONU et facilite une transformation progressive de votre organisation. Vous retrouverez dans cette courte vidéo plus d’informations sur les étapes du programme :

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« A to Zero » est un programme complet et modulaire qui couvre l’ensemble de la stratégie climat des entreprises afin d’atteindre l’objectif de zéro émission nette.

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