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Pour être en prise avec l’actualité relative à la transition et aux enjeux climatiques, vous trouverez ci-après une sélection des réflexions de nos experts parues dans la presse, des références à nos décryptages dans les médias ainsi que nos communiqués de presse.
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Climat : le bilan carbone de la COP28 à Dubaï pointé du doigt

Les COP attirent chaque année de très nombreuses délégations issues du monde entier. La plupart viennent en avion, et de ce fait, produisent un bilan carbone significatif. Ce que déplorent de nombreuses ONG et observateurs. Quel sera celui de la 28e conférence climat, qui se tient cette année dans l’émirat de Dubaï ? Explications. C’est un débat qui revient à chaque COP : l’empreinte carbone des délégations venues du monde entier, la plupart en avion. Et l’émirat de Dubaï, qui s’apprête à accueillir la 28e Conférence de l’ONU pour le climat (COP28), ne fait pas exception. Du côté des organisateurs, on évoque, sans donner beaucoup de détails, la « neutralité » de l’événement, qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre : « S’assurer que la COP28 soit durable et neutre en carbone sera crucial pour son succès », peut-on lire sur le site officiel de l’événement organisé par les Emirats arabes unis. Mais s’attarder sur le bilan carbone de la COP, qu’il soit neutre ou non, « est une pure distraction », selon Laurent Morel, ingénieur et associé chez Carbone 4, cabinet spécialisé dans le conseil climat. « Ce qui va être intéressant, c’est de voir comment la gouvernance de cette COP va gérer ou pas ses propres contradictions », rappelle-t-il.

L’empreinte carbone des délégations pointée du doigt

A chaque COP, des critiques pointent le nombre de vols empruntés par les délégations, ONG et patrons, et des polémiques émergent sur les jets privés qui amènent certains participants. L’ONU reconnaît dans son document « How to COP » (« Comment organiser une COP ») que médias et ONG pointent « l’ironie apparente des émissions de CO2 générées par les milliers de participants venus en avion du monde entier pour discuter de la réduction mondiale des émissions ».  
28.11.2023

Climat : le bilan carbone de la COP28 à Dubaï pointé du doigt

Les COP attirent chaque année de très nombreuses délégations issues du monde entier. La plupart viennent en avion, et de ce fait, produisent un bilan carbone significatif. Ce que déplorent de nombreuses ONG et observateurs. Quel sera celui de la 28e conférence climat, qui se tient cette année dans l’émirat de Dubaï ? Explications.

C’est un débat qui revient à chaque COP : l’empreinte carbone des délégations venues du monde entier, la plupart en avion. Et l’émirat de Dubaï, qui s’apprête à accueillir la 28e Conférence de l’ONU pour le climat (COP28), ne fait pas exception.

Du côté des organisateurs, on évoque, sans donner beaucoup de détails, la « neutralité » de l’événement, qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre : « S’assurer que la COP28 soit durable et neutre en carbone sera crucial pour son succès », peut-on lire sur le site officiel de l’événement organisé par les Emirats arabes unis.

Mais s’attarder sur le bilan carbone de la COP, qu’il soit neutre ou non, « est une pure distraction », selon Laurent Morel, ingénieur et associé chez Carbone 4, cabinet spécialisé dans le conseil climat. « Ce qui va être intéressant, c’est de voir comment la gouvernance de cette COP va gérer ou pas ses propres contradictions », rappelle-t-il.

L’empreinte carbone des délégations pointée du doigt

A chaque COP, des critiques pointent le nombre de vols empruntés par les délégations, ONG et patrons, et des polémiques émergent sur les jets privés qui amènent certains participants. L’ONU reconnaît dans son document « How to COP » (« Comment organiser une COP ») que médias et ONG pointent « l’ironie apparente des émissions de CO2 générées par les milliers de participants venus en avion du monde entier pour discuter de la réduction mondiale des émissions ».

 

AEF INFO
16.10.2023

L’activité de conseil en RSE se transforme avec l’explosion des sollicitations des entreprises

Après un désintérêt de près de deux décennies, qui a permis à des ‘pure players’ d’émerger, les cabinets de consultant généralistes se mettent enfin à la RSE. Et pour cause : la demande des entreprises explose sous l’effet, notamment, des nombreuses réglementations auxquelles ces dernières doivent faire face. Conscients de leur responsabilité face à des clients dont le business model sera ‘peut-être mort dans cinq ans’, 40 cabinets ont participé à une convention des entreprises pour le climat dédiée qui se réunira pour la dernière fois les 18 et 19 octobre 2023.

 

03.10.2023

Taxe carbone : mise en œuvre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

News Tank publie un dossier sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ) qui s’applique à partir du 01/10/2023. Une période de transition durera jusqu’à la fin 2025, puis le MACF sera mis en place progressivement de 2026 à 2034. À compter du 01/01/2026, les entreprises européennes qui importent certains produits polluants fabriqués hors de l’Union européenne devront payer une compensation pour les émissions de GES Gaz à effet de serre issues de la production de ces produits. Ce dossier sera régulièrement mis à jour au fil des décisions parlementaires et sera
complété de décryptages, analyses et interviews sur le sujet. Au sommaire du dossier Taxe carbone : mise en oeuvre du MACF Accédez directement aux chapîtres du dossier via le sommaire-ci-dessous. Synthèse 1 article Taxe carbone : mise en œuvre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) s’applique à partir du
01/10/2023, avec une période de transition jusqu’à la fin 2025. Les entreprises européennes doivent déclarer leurs importations de matières premières …Avancées de la législation européenne 4 articles MACF : entrée en vigueur le 01/10/2023 ; début du reporting et de la phase de transition Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) s’applique à partir du
01/10/2023, avec une période de transition jusqu’à la fin 2025. « Afin d’évaluer et viabiliser le coût de la tonne de GES émis…MACF : un appel à contributions sur la mise en œuvre du mécanisme durant la période transitoire. Un appel à contributions sur les règles régissant la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) au cours de sa phase transitoire qui commence le 01/10/2023.Parlement européen/Fit for 55 : adoption du SEQE, MACF et du Fonds social pour le climat. La réforme du système d’échange de quotas d’émission, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et le Fonds social pour le climat, tels sont les textes du paquet législatif Fit for 55 approuvés…« Avec la réforme du marché carbone, le prix devient significatif » (Pascal Canfin,
député UE) « Avec la réforme du marché carbone, le prix devient significatif ; dans beaucoup de
modèles économiques, il a un impact réel sur les marges. Ce système contraint davantage les industriels à réduire l…
Le SEQE en France 1 article Actualisation de la liste des exploitants d’installations soumises à autorisation pour les
GES Fixer la liste des exploitants d’installations fixes soumises à autorisation d’émettre des gaz à effet de serre, ainsi que le montant des allocations gratuites de quotas d’émission pour les installations fixes Interview 1 article Prix carbone : « Les acteurs anticipent la rareté des permis à polluer » (Anouk Faure,EcoAct)« Les prix se stabilisent autour de 100 € la tonne de carbone actuellement. La tendance haussière est la conséquence de plusieurs événements : la réforme du marché du
carbone, l’accélération des objectifs de décarbonati

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28.09.2023

Dossier | Industrie française : une résurrection verte

Plutôt que de renaître de ses cendres, l’industrie française semble se diriger vers une forme de réincarnation verte, poussée par un cadre règlementaire de plus en plus astreignant en matière d’émissions de carbone, renforcé d’une volonté politique désormais clairement affichée de faire rimer réindustrialisation et décarbonation du pays.

Un renversement de vapeur. Après cinq décennies de déclin, l’heure semble être à la résurrection de l’industrie française. C’est en tout cas la volonté politique affichée par le chef de l’État Emmanuel Macron, qui a hissé la réindustrialisation du pays au rang de « mère des batailles ». Reste toutefois, pour opérer ce retour en grâce des usines sur le territoire français sans grever son bilan carbone, à trouver les moyens de verdir le gris de leurs fumées… Aussi anémié qu’il puisse être, le secteur reste en effet, à lui seul, à l’origine de près de 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Une part qui a cependant déjà sensiblement baissé au cours des trois dernières décennies, en lien, certes, avec l’affaiblissement du secteur, mais aussi sous l’impulsion d’industriels obligés par l’émergence d’un cadre règlementaire de plus en plus contraignant.

« Une première grande étape règlementaire au niveau international a été celle de la signature du protocole de Kyoto, fin 97, et l’engagement pris alors de réduire de 5% à l’échelle mondiale les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés au cours de la période 2008-2012 par rapport à leurs niveaux de 1990 », retrace la docteure en sciences économiques Émilie Alberola, experte des politiques climatiques membre de la Commission de l’économie du développement durable (CEDD) et directrice d’EcoAct Europe du sud, acteur historique du conseil aux entreprises en matière de stratégie climat et de développement de projets de compensation carbone. « L’Union européenne s’est ensuite engagée, en 2003, dans sa première politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre émis par l’industrie », poursuit l’experte. C’est ainsi qu’est né, le 1er janvier 2005, le système européen d’échange de quotas d’émissions ; règlementation carbone alors la plus ambitieuse au monde.

« Ce choix politique européen a été motivé par son engagement dans le Protocole de Kyoto », souligne Émilie Alberola. « Rapidement, l’UE a toutefois réalisé que la réduction de ses émissions présentait aussi des intérêts économiques, et se révélait par la même occasion une source d’innovation et de compétitivité », ajoute l’experte. Une prise de conscience à l’origine de l’adoption, fin 2008, du « Paquet climat-énergie », un plan d’action axé autour d’un trio d’objectifs, les « 3×20 » : atteindre les 20 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique européen, améliorer de 20 % l’efficacité énergétique, mais aussi réduire de 20 % les émissions de GES des pays de l’Union par rapport aux niveaux de 1990 ; le tout, à l’horizon 2020. Un objectif de réduction relevé à 40 % à l’horizon 2030, à la suite des conclusions adoptées par le Conseil européen en octobre 2014. Un peu plus d’un an avant l’adoption d’un autre texte majeur : l’Accord de Paris sur le climat.

« Ce traité a permis de définir une nouvelle ambition – la neutralité carbone – tout en ajoutant une nouvelle variable à l’équation : la séquestration de ce carbone », résume Émilie Alberola, qui précise : « Cette volonté a été déclinée à travers différents textes au niveau français et européen. L’UE a notamment entériné cet objectif de neutralité carbone en 2021, et a également lancé la mise en œuvre de son Green Deal en présentant une douzaine de propositions législatives – le paquet « Fit for 55 » – visant à atteindre une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% en 2030 par rapport à 1990, toujours dans cette optique de neutralité carbone d’ici 2050 ».

En janvier dernier, c’est ainsi le Plan industriel de ce Pacte vert qu’a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Un plan dont l’objectif principal est de « garantir l’avance industrielle de l’UE dans le secteur en pleine croissance des technologies à zéro émission nette », selon la présidente. Mi-mars, la Commission a ainsi publié, dans le cadre de ce plan, une proposition de règlement visant à établir un cadre de mesures pour renforcer l’écosystème européen de fabrication de produits technologiques bas carbone : le « Net Zero Industry Act ». « La présentation de cette proposition s’est aussi faite en réponse aux avancées de nos partenaires économiques internationaux, tels que la Chine ou les États-Unis ; qui ont eux aussi adopté des réglementations visant à accélérer la transformation et la décarbonation de leur industrie », analyse Émilie Alberola.

Réalisées à l’échelle européenne, ces avancées règlementaires ont naturellement découlé sur des évolutions du cadre législatif français. En témoigne par exemple la publication fin 2015 de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), feuille de route inscrite dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) et qui fixe notamment l’objectif d’une réduction des émissions de l’industrie de 35 % en 2030, puis de 81 % en 2050, par rapport aux niveaux de 2015. Des ambitions reprises en 2020 dans la version révisée de cette feuille de route – la SNBC 2 – mais très certainement amenées à évoluer, comme le pressent l’experte des politiques climatiques Émilie Alberola : « Les engagements européens ont été rehaussés. On peut ainsi naturellement s’attendre à ce que la 3e version de cette SNBC suive le mouvement ». Un véritable défi attend donc le secteur, déjà à la peine face aux objectifs actuels.

LE BOIS INTERNATIONAL
22.09.2023

Qui veut planter des arbres ?

La plantation d’arbres, activité de longue date des gestionnaires forestiers (voire des agriculteurs), qui la mènent comme partie de leur activité économique de production de bois de concert avec les pépiniéristes et les entreprises de travaux sylvicoles – ceci dans un contexte réglementé par le ministère en charge de l’agriculture – est un sujet qui dépasse aujourd’hui de loin le monde forestier. Désormais, le thème intéresse aussi, de par une sensibilité environnementale qui s’amplifie, le grand public, celui-ci ne l’abordant pas sans paradoxe. Surtout il intéresse le monde des entreprises de toutes sortes, qui s’y investissent dans le cadre de la gouvernance sociale et environnementale (ESG), pour tout à la fois compenser leurs émissions et s’attribuer une « image verte ».

À l’arrière-plan de l’engouement pour la plantation, il y a l’injonction de décarbonation pour motif de changement climatique (supposément dû aux activités humaines), intériorisée quasi universellement. Dictée à l’échelle mondiale, celle-ci s’incarne dans la politique onusienne, du Forum économique mondial et des organisations financières

, dans les rets de laquelle s’inscrivent l’Europe et les États, prompts à recourir à la forêt dans toutes les politiques de décarbonation , parfois non sans contradictions (on pourra penser au débat à l’échelle européenne sur la biomasse primaire comme énergie renouvelable, exclue puis réintégrée dans le projet de Directive sur les énergies renouvelables 2023). Une règle du jeu carbone est ainsi dictée dans le monde occidental, et l’enjeu imposé à tous les acteurs socio-économiques qui y sont soumis est de tirer leur épingle de ce jeu tout en respectant sa règle… Dans ce nouveau « jeu carbone », la forêt est vue comme un graal , qui séquestre le carbone, tout en apportant de multiples co-bénéfices socioéconomiques et environnementaux, valorisables en termes de communication et de marketing. Le financement de la plantation est devenu une activité de toutes les parties prenantes de la société, y compris bien sûr de l’État.

Les entreprises et la plantation d’arbres

En juin 2022, l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) annonçait la sortie de son guide « L’arbre qui cache la forêt : pourquoi s’emparer du sujet des forêts au sein de votre entreprise ? », rédigé à destination des professionnels de la RSE. Le guide décrypte notamment le recours aux marchés carbone comme instruments à l’usage des entreprises, rappelant que les projets forestiers sont dominants sur les marchés volontaires (avec deux labels dominants : Gold Standard (GS) et Voluntary Carbon Standard (VCS) [1].

« L’attrait des projets forestiers s’explique par le fait qu’ils apparaissent plus concrets dans la lutte contre le changement climatique que d’autres types de projets », explique l’Orse. « Quand on observe l’efficacité avec laquelle les forêts séquestrent le carbone, il peut être tentant de planter des arbres pour compenser ses émissions de CO2. La compensation est souvent critiquée en ce qu’elle autorise implicitement à polluer », souligne aussi l’Orse, prévenant les grandes entreprises émettrices de CO2 qu’elles pourraient être taxées dans ce cas de « greenwashing ».

L’observatoire les met aussi au courant… de travers potentiels des projets de plantation. « L’afforestation abusive et non suivie représente un vrai risque. L’afforestation consiste à planter des arbres à des endroits originellement non couverts par la forêt comme les prairies ou la toundra, contrairement à la reforestation qui consiste à restaurer des écosystèmes originellement forestiers. D’une part, cette afforestation peut modifier l’équilibre de l’écosystème et libérer finalement plus de carbone qu’en stocker. C’est le cas des sols des prairies qui stockent autant de carbone que les sols forestiers, l’afforestation n’apporte donc pas de bénéfice avéré. D’autre part, afforestation comme reforestation sont confrontées aux risques naturels (sécheresse, incendie, maladies) et sans un suivi méticuleux lors des premières années de plantation des peuplements, tout le bénéfice carbone peut être annulé par un événement soudain. Enfin, au-delà du simple stockage du carbone, le changement de couleur de certaines parties du globe comme les étendues enneigées de Russie peut contribuer à un réchauffement global. Les arbres étant de couleur plus foncée que la neige, ils absorbent les rayons du soleil au lieu de les réfléchir. Planter des arbres à certains endroits clés peut donc avoir des répercussions inattendues et difficiles à quantifier ».

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12.09.2023

Sécheresse : comment mettre en place la sobriété hydrique ?

La question du réchauffement climatique, c’est maintenant ! Et si des solutions existent… reste à les déployer.

Les conséquences climatiques de la sécheresse sont là. Selon le rapport « La sécheresse en chiffres, 2022 », publié par les experts de l’ONU en mai 2023 : 15 % des catastrophes naturelles sont des sécheresses. Sur les 50 dernières années, on dénombre près de 650 000 morts dues à la sécheresse (ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus mortelle de toutes). Entre 1998 et 2017, 124 milliards de dollars de pertes économiques mondiales sont attribuables à des sécheresses. 2,3 milliards de personnes sont actuellement confrontées au stress hydrique (dont près de 160 millions d’enfants). Si aucune mesure n’est prise dans les 10 prochaines années, les trois quarts de la population mondiale seront touchés et 700 millions de personnes risquent d’être déplacées d’ici à 2040. « Nous sommes à la croisée des chemins », prévient Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNUCLD (Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification).

Ce constat, particulièrement inquiétant, ne doit pas pour autant paralyser, mais au contraire « servir de socle de refondation à l’action climatique » indique Ilian Moundib, membre de l’Institut Rousseau, dans sa note, « Comment s’adapter à la crise climatique ?  ». Consultant senior Climat-Energie chez EcoAct (cabinet de conseil français spécialisé dans l’accompagnement des entreprises face aux enjeux climat) et formateur pour La Fresque de Climat, Ilian Moundib répond aux questions de L’ADN.

Comment se traduit la sécheresse en France ?

Ilian Moundib : La hausse des températures moyennes a atteint 1,7 °C par rapport à 1990, avec une accentuation du rythme de celle-ci au cours des trente dernières années. Et ce n’est qu’un début. Selon les prévisions, les épisodes intenses de sécheresse en Europe pourraient être dix fois plus fréquents et 70 % plus longs d’ici 2060. Mais il est encore possible d’éviter un réchauffement de 2°C (par rapport à l’ère préindustrielle). Le traitement de la cause, c’est-à-dire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre reste bien entendu fondamentale pour éviter les conséquences les plus dramatiques du réchauffement. Cependant, il apparaît essentiel d’y adjoindre le traitement des conséquences, c’est-à-dire l’adaptation au changement climatique comme une brique d’égale importance de la transformation que nous devons opérer.

Un retour en arrière est-il possible ?

I. M : Le système climatique ne reviendra jamais à son équilibre. Nous nous trouvons à un stade irréversible. Un arrêt des émissions stopperait la dérive sans permettre le retour au climat passé. Une situation due à la dynamique et aux propriétés du changement climatique. En effet, même si on arrêtait d’émettre du CO2 il faudrait un siècle pour en évacuer 50 % (un millier d’années pour en évacuer 75 % et 10 000 ans pour qu’il n’en reste plus que 10 % dans l’atmosphère). Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ne faut pas tout faire pour atteindre la neutralité carbone qui permettra d’arrêter de faire augmenter le thermomètre. Les étés 2022 et 2023 sont donc la nouvelle norme.

Quelles sont les conséquences hydrologiques pour la France ?

I. M : Le changement climatique exacerbe les extrêmes hydrologiques (augmentation des températures moyennes et des extrêmes de température). C’est une tendance globale mondiale. Selon les prévisions de la DRIAS (plateforme de Météo France), dans le scénario + 4°, la France, connaîtra un assèchement global important. Plus particulièrement sur les pourtours atlantiques et méditerranéens. Ce qui aura pour conséquence un stress hydrique (pénurie d’eau) qui engendrera des restrictions en eau potable et impactera notre agriculture en termes de diminution de rendements.

Qu’entend-on quand on parle de stress hydrique ?

I. M : Le risque climatique fait référence à deux choses : l’exposition (évolution selon différents scénarios) et la vulnérabilité. Dans le cas hydrique, le paramètre vulnérabilité dépend des usages : les prélèvements d’eau et la consommation. Le premier poste de consommation d’eau est occupé par l’agriculture qui représente 57 % du total. Près des 2/3 de l’eau consommée en France partent pour l’agriculture. Arrivent ensuite la consommation d’eau potable (26 %) et les usages industriels (12 %). Si on se focalise sur l’agriculture, selon les données du consortium « Les Greniers de l’abondance », dans les 57 % utilisés, près de la moitié est dédiée à un seul type de culture : le maïs grain. Une production destinée majoritairement à l’alimentation animale (française ou d’exportation). Ce n’est donc pas un facteur d’autosuffisance et de souveraineté alimentaire.

Quels sont les autres facteurs de vulnérabilité liés aux pratiques agricoles ?

I. M : La mécanisation, les pesticides, les engrais… Autant de facteurs qui augmentent la vulnérabilité des sols en empêchant la rétention de l’eau et in fine le remplissage des nappes phréatiques. L’eau reste en surface et s’évapore, ce qui a pour conséquence de nous priver d’une partie des ressources. Dernier élément de vulnérabilité : on perd un litre d’eau sur cinq dans son transport (canalisation).

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