Le transport maritime a longtemps été un facteur fondamental du commerce, bien que son rôle important puisse passer inaperçu. Pensez à l’endroit où les vêtements que vous portez ont été fabriqués et comment ils sont arrivés ici. Qu’en est-il de votre téléphone ? Comment ses composants ont-ils été réunis pour être dans votre main en ce moment ? Il est très probable que le transport maritime a joué un rôle dans les deux exemples. Comment tout cela est-il possible ?

Du fait de la conteneurisation, les navires restent le moyen de transport le moins coûteux et le plus efficace. Aujourd’hui, ils peuvent transporter des dizaines de milliers de conteneurs dans le monde entier avec seulement un petit équipage.

Le transport maritime connait une croissance remarquable. Générant déjà 2,5% des émissions mondiales de carbone, cette industrie devrait croître de 50% à 250% d’ici 2050. Et le carburant utilisé par les navires marchands est souvent beaucoup plus dense et polluant que celui autorisé sur la route. Tout ceci représente un défi environnemental majeur qui doit être relevé des mesures plus durables dans l’industrie du transport maritime.

Où en sommes-nous actuellement ?

L’accord de Paris sur le climat, adopté en décembre 2015, a été un grand succès en rassemblant 196 pays autour du même objectif de limiter le réchauffement climatique entre 1,5 et 2°C. Cependant, le transport maritime et le transport aérien internationaux ont été exclus du champ de l’Accord. Ces deux secteurs ne sont couverts par aucun engagement de réduction bas-carbone (NDC), dans le cadre de l’Accord de Paris.

 

En octobre 2016, l’OMI a notamment adopté un plafond réduit de teneur en soufre pour le carburant des navires, de 0,5% m/m à partir de 2020.

En conséquence, la législation maritime internationale a évolué lentement sur les enjeux environnementaux. Mais il y a eu quelques progrès. En octobre 2016, l’OMI a notamment adopté un plafond réduit de teneur en soufre pour le carburant des navires, de 0,5% m/m à partir de 2020, dans le but d’améliorer la qualité de l’air près des ports et des routes maritimes.

Par ailleurs, la législation environnementale se joue de plus en plus aux niveaux régionaux et locaux. Un exemple notable est celui de l’UE, qui a déclaré que tout navire de plus de 5 000 tonnes doit surveiller, déclarer et vérifier ses émissions annuelles de carbone à partir du 1er janvier 2018. Cette volonté de durabilité est également venue des ports eux-mêmes. L’Autorité du port de Londres a par exemple introduit un tarif vert réduit de 5% pour les navires plus respectueux de l’environnement.

Où allons-nous ?

Ces exemples devraient devenir des tendances, les autorités portuaires étant de plus en plus responsables. Le Programme mondial de développement durable des ports (WPSP) a été lancé en mars de cette année. Il vise à créer des plans de durabilité globaux pour les ports, à travers une série de mesures tarifaires, d’investissements, d’améliorations et d’interdictions.

Ces dernières années ont donné lieu à beaucoup d’innovations en matière de transports maritime bas-carbone : la première barge autonome et 100% électrique devrait quitter le port d’Anvers cet été ; plusieurs navires alimentés à l’hydrogène parcourent les océans, et différents systèmes existants permettent aux plus grands navires de s’alimenter en partie à partir des énergies renouvelables. Cependant, il est peu probable que ces technologies contribuent de manière significative à une réduction rapide des émissions carbone dans le transport maritime.

 

Pour agir rapidement, la transition du secteur passera par de nouveaux mélanges de carburants, des mesures d’efficacité énergétique et des mécanismes d’incitation financière. Contrairement aux carburants routiers, les carburants marins ne sont actuellement pas taxés et les mécanismes de prix carbone gagnent du terrain dans le monde entier. De tels mécanismes permettent d’engager les réductions d’émissions les moins couteuses, grâce à l’optimisation de la vitesse, aux changements de carburant et à l’amélioration de l’efficacité.

Le secteur est confronté à de grands changements, bien que les mécanismes restent peu clairs. Si la navigation durable doit apporter une contribution tangible aux objectifs climatiques mondiaux, la pression législative internationale et les initiatives régionales et portuaires devront être ambitieuses, économiquement viables et cohérentes.

L’action ou l’inaction dans l’industrie aura également des conséquences importantes sur l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 13 sur l’action climatique et l’ODD 14 relatif à la vie sous-marine. L’industrie maritime devra agir sur tous les leviers pour garantir un développement qui préserve nos océans et nos ressources marines. Une condition essentielle pour un avenir durable.

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