Les émissions de la chaîne d'approvisionnement : quels défis ?

Publié 15th avril 2020 par Kai Larson
Supply chain emissions

La chaîne d’approvisionnement est souvent citée comme l’un des domaines où il est le plus difficile de gérer et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour beaucoup d’organisations, la plupart des émissions se situent dans la chaîne d’approvisionnement et échappent au contrôle direct de l’entreprise (on les appelle les émissions de Scope 3). Cela signifie que ces émissions sont à la fois les plus compliquées à gérer et les plus importantes.

Le mois dernier, EcoAct et SupplyShift ont participé à une table ronde avec plusieurs grandes entreprises afin d’échanger sur la prise en compte des émissions de leurs propres chaînes d’approvisionnement dans leur bilan carbone. L’objectif collectif était de mettre en évidence les défis communs et les solutions potentielles pour gérer les réductions d’émissions dans les chaînes d’approvisionnement. 

Les entreprises et les organisations étant de plus en plus soumises à des pressions pour prendre leur responsabilité des émissions qui échappent à leur contrôle direct, nous avons résumé pour vous certains des points clés de la discussion.

Bien que la table ronde ait eu lieu avant le début de la pandémie mondiale COVID-19, il convient de reconnaître que cette crise a mis en évidence certaines faiblesses dans les chaînes d’approvisionnement. Appliquer au contexte climatique les questions qui ont été exposées par le COVID-19 (le besoin de transparence, de visibilité, de collaboration, de numérisation, etc.) peut aider à mieux gérer certains des défis abordés ci-dessous.

Les défis

L’adhésion interne et l’impact 

L’urgence d’agir et l’attention croissante qui se porte sur les émissions de la chaîne d’approvisionnement sont appréhendées par les entreprises et les organisations, et sont évidentes dans la réglementation ainsi que les questions que posent les investisseurs et les parties prenantes.

Ces multiples demandes des parties prenantes peuvent provoquer des conflits internes. Par exemple, parmi les sujets de discussions figuraient les questions liées au budget et au non-alignement avec les objectifs d’approvisionnement. Plus précisément, les commentaires formulés comprenaient :

  • Des objectifs commerciaux incompatibles avec les demandes du public. Par exemple, les engagements vers « zéro plastique », « zéro émission nette » et « la réduction des déchets alimentaires » signifient que les entreprises sont submergées par des défis importants et souvent coûteux qu’elles doivent relever.
  • Il est essentiel de bien équilibrer les compromis. L’impact environnemental d’un produit par rapport aux ventes (c’est-à-dire l’importance des ventes par rapport à l’importance de son impact) devra toujours être pris en considération.
  • L’inclusion d’autres départements clés de l’entreprise (achats, marketing, risques) dans la discussion est nécessaire pour déterminer la meilleure façon de susciter l’adhésion interne.
  • Comment créer les meilleures incitations pour les fournisseurs et pour l’équipe des achats afin d’encourager la réduction d’émissions et de maintenir l’engagement ?

La complexité

Les entreprises participantes à la table ronde ont confirmé que, pour elles, la complexité de la chaîne d’approvisionnement est un défi majeur. Cela s’explique par le fait que leurs chaînes d’approvisionnement sont vastes et souvent mondiales. Elles sont également très diverses et décentralisées, ce qui signifie qu’il peut y avoir des fournisseurs directs et indirects dans la chaîne. Parmi les défis abordés, on peut citer :

  • La collecte des données requises est souvent problématique. Il est vital de s’assurer que les données peuvent être partagées sur différentes plateformes pour éviter aux fournisseurs de devoir répéter le processus.
  • Les entreprises et les organisations ont besoin d’un processus simple pour mesurer les émissions dans la chaîne d’approvisionnement. Il leur faut des moyens efficaces pour mesurer les risques et les opportunités afin d’identifier les points à fortes émissions et de savoir comment prioriser les activités de réduction.
  • Les entreprises et les organisations ont besoin d’outils destinés aux fournisseurs afin de s’assurer qu’ils communiquent les données, ce qui nous mène au prochain défi.

L’incertitude

Le paysage pour traiter les impacts environnementaux dans la chaîne d’approvisionnement peut être incertain. Quelles sont les meilleures pratiques ? Comment s’y prendre pour engager les fournisseurs ? Comment agir sur les données et s’assurer que les efforts déployés sont efficaces ? Les entreprises sont également confrontées à des défis concernant le retour sur investissement. Les participants à la table ronde ont évoqué les points suivants :

  • La réduction des émissions est un processus de collaboration. Les entreprises doivent travailler main dans la main avec les fournisseurs pour surmonter les difficultés et pour réduire les impacts. Grâce à une collaboration étroite, toutes les parties prenantes ont la possibilité de bénéficier de l’innovation, d’une efficacité accrue et d’une meilleure réputation.
  • Le partage des meilleures pratiques avec les fournisseurs. L’accent est mis sur l’importance de la pression des pairs dans les programmes d’engagement des fournisseurs. Pour ne citer qu’un exemple, il serait efficace d’organiser des visites collaboratives des sites d’activité pour partager les meilleures pratiques et pour démontrer leur efficacité. Ainsi, les fournisseurs pourront y voir plus une façon d’optimiser leur rentabilité qu’une contrainte.

Quelle est la prochaine étape ?

EcoAct et SupplyShift organisent un webinaire en anglais le 6 mai pour examiner certains de ces points plus en détail. Inscrivez-vous ici.

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