Lutter contre la désertification en Afrique : le pari de la Grande muraille verte

Lancée en 2007 par l’Union africaine, la Grande muraille verte est une initiative visant à limiter les effets de la désertification du Sahel et répondre aux enjeux de développement durable en Afrique.

Répondant à 15 des 17 Objectifs de développement durable définis par l’ONU, ce projet de grande envergure a pourtant pris du retard dans les avancées prévues initialement. Le 15 janvier dernier, le One planet summit dédié à la biodiversité a permis de relancer les financements pour la continuité du projet.

La Grande muraille verte : c’est quoi exactement ?

La Grande muraille verte a pour but de reverdir 8000 km parcourant 11 pays en Afrique (Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan, Érythrée, Éthiopie, Djibouti) et notamment la région du Sahel au Sud du Sahara. Cette région semi-aride est une des zones les plus impactées dans le monde par les conséquences du dérèglement climatique, spécifiquement par des évènements extrêmes tels que des pluies diluviennes, d’intenses sécheresses, et une hausse des températures moyennes plus importantes qu’ailleurs dans le monde. Les conséquences sont importantes pour les communautés locales et rendent la vie difficile de ce bassin démographique jeune et dynamique où convergent de multiples enjeux socio-politiques et économiques du XXIe siècle.

Lutter contre la désertification en Afrique : le pari de la Grande muraille verte
Source : greatgreenwall.org

 

Cet immense projet a donc pour but de répondre aux nombreux enjeux auxquels font face les populations africaines en renforçant la sécurité alimentaire, en créant des emplois verts, en luttant contre la désertification et la dégradation des terres. L’objectif du projet, porté par l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte, est de permettre le développement de Pôle ruraux de développement durable qui soutiennent un ensemble d’actions de développement tel que l’accès à l’eau, le développement économique et humain, et le déploiement de techniques agro-sylvo-pastorale durables c’est-à-dire de méthodes qui associent l’agriculture, l’élevage et l’exploitation forestière.

Un des programmes les plus emblématiques consiste à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées, à séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et à créer 10 millions d’emplois à l’horizon 2030 par la plantation d’essences d’arbres adaptés à l’écosystème sahélien et ainsi « fixer » l’avancée du désert.

Sous l’égide de l’Union africaine, l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte est en charge de la gestion interétatique du projet, notamment en coordonnant la progression de chaque pays.

Financé par les bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne ou l’Agence française de développement et par des acteurs privés, la muraille verte a pris un retard considérable dans son développement depuis son lancement en 2007. Le projet est ainsi confronté à des promesses de dons qui n’arrivent pas, à des enjeux sécuritaires, et à des contextes sociaux et des modes de gouvernances locaux difficiles.

Un projet jusque-là ralenti par le manque de pilotage et de financement

Seulement 4 millions d’hectares ont été aménagés en 14 ans sur les 100 millions visés à l’horizon 2030 : c’est la conclusion du rapport d’évaluation commandé en septembre 2020 par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification qui faisait état d’avancées mineures dans la construction de la muraille.

En effet, les ambitions portées par la Grande muraille ont rencontré plusieurs barrières ralentissant considérablement le développement du projet. On peut notamment citer les financements en-deçà des engagements pris au début de l’initiative ainsi que le manque d’implication de la part des gouvernements africains, qui mettent en priorité la sécurité nationale plutôt que le développement de la muraille verte, notamment lorsqu’ils subissent des conflits.

Pour relancer le projet à l’issu de la période de mise en œuvre de la stratégie (2015-2020), le One planet summit du 15 janvier 2021 a remis au goût du jour l’urgence de développer la Grande muraille verte, aux forts bénéfices environnementaux et sociaux. Si les financements promis sont bel et bien investis dans le projet, c’est-à-dire 12 milliards de dollars pour les 5 prochaines années, cette utopie de reverdissement du désert pourrait bien devenir réalité.

Les acteurs privés contribuent également au projet de la Grande muraille verte : l’exemple d’EcoAct

Les crédits carbone que nous proposons à nos clients proviennent de projets, situés principalement dans les pays en développement, et permettent de compenser et de séquestrer les émissions de gaz à effet de serre. Certains projets de notre portefeuille se situent ainsi dans la zone de la muraille verte et contribuent également à l’atteinte des Objectifs de développement durable.

Notre projet de foyers améliorés dans la région du Darfour au Soudan a, par exemple, permis de déployer un système de cuisson bas-carbone permettant de réduire la pression sur la consommation de bois tout en favorisant une qualité de l’air intérieur moins polluée.

En Ethiopie, un de nos projets d’assainissement de l’eau a permis la réhabilitation de plus de quarante puits de forage pour garantir aux bénéficiaires une eau propre et saine. Sans ces puits, les populations font bouillir l’eau pour la rendre potable, en utilisant une quantité considérable de bois chaque année. Les puits de forage permettent donc, eux aussi, de limiter la déforestation dans cette zone.

Plus globalement, EcoAct et notre pôle Nature-based solutions est en plein développement et a identifié plusieurs dizaines de porteurs de projets locaux, souhaitant bénéficier des revenus de la finance carbone pour lancer leurs activités, en relation avec la Grande muraille verte (plantation d’arbres, projets de préservation, foyers de cuissons améliorés, accès à l’eau, énergies renouvelables, etc.).

Pour Roman de Rafael, Head of project development chez EcoAct, « ce type d’initiative transnationale permet de catalyser des fonds publics mais également des fonds privés complémentaires, comme ceux de la finance carbone, qu’EcoAct est prêt à déployer dans les prochains mois ».

Lutter contre la désertification en Afrique : le pari de la Grande muraille verte
Plantation d’arbres sur la Grande muraille verte (Source : greatgreenwall.org)

Sources : – Greatgreenwall.org – Document cadre – Stratégie 2016-2020 de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte – Grandemurailleverte.org

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Fiche descriptive

La complexité et l’évolution de la notion de compensation carbone sont à l’origine de certaines réticences et de confusions. Cependant, lorsqu’elle est associée à la réduction massive des émissions de GES, la compensation carbone a sa place légitime au sein d’une stratégie de neutralité carbone efficace.

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