Le Forum international de la Météo et du Climat (FIM) est un rendez-vous incontournable de mobilisation et d’éducation sur le changement climatique. Organisée à Paris, du 2 au 5 juin 2018, sa 15èmeédition a rassemblé entreprises, scientifiques, professionnels de la météo et du climat et citoyens, du monde entier, autour de trois événements : le Volet Grand Public, le Media-Workshop, le Colloque international.

Nous vous proposons de découvrir ci-dessous les principaux enseignements des débats du colloque international vers une société bas-carbone, notamment tirés des interventions de dirigeants et experts de la Banque Mondiale, Météo et Climat, l’ADEME, SNCF Réseau, Schneider Electric, EIFFAGE, I4CE et le C40 :

1.  La transition vers une société bas-carbone implique une transformation profonde de l’économie et nécessite une réaffectation massive des investissements vers des actifs, des projets d’infrastructures et des technologies innovantes et conciliables avec les limites physiques de la planète. Construire une société sobre en émissions carbone et adaptée aux effets du changement climatique implique d’investir dans la production d’énergies renouvelables (dont les coûts de production sont en baisse), l’amélioration de l’efficacité énergétique des systèmes de production, la rénovation thermique des logements, l’innovation mais aussi la transformation des transports et des villes.

2.  Tel que prévu dans l’Accord de Paris, le financement de cette transition bas-carbone est multiple : il combine des dispositifs internationaux, nationaux et locaux, mobilise des capitaux privés et publics, et nécessite le soutien des pouvoirs publics pour définir les bons systèmes d’incitation pour les investisseurs, les entreprises et les ménages.

3.  Globalement, le financement supplémentaire nécessaire pour maintenir le changement climatique en deçà de 2°C d’ici 2050 est estimé à :

  • 29 000 milliards de dollars selon l’International Renewable Energy Agency (IRENA).
  • 40 000 milliards de dollars selon l’Agence Internationale de l’Energie entre 2016 et 2050.
  • Selon le rapport du Groupe d’experts de haut niveau de la finance durable/High-Level Expert Group on Sustainable Finance (HLEG) (2017), l’Europe a besoin d’environ 180 milliards d’euros d’investissements annuels supplémentaires au cours des deux prochaines décennies, notamment en énergie propre, pour maintenir l’augmentation des températures mondiales en dessous de 2 degrés.
  • En France, le besoin d’investissements verts pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale Bas-Carbone et de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie d’ici 2050 sont estimés, pour atteindre les objectifs visés, entre 30 et 60 milliards d’euros par an selon I4CE.

4.  Les investisseurs sont amenés aujourd’hui à concevoir des stratégies compatibles avec l’objectif de 2°C et à être plus transparents sur leurs pratiques d’investissements.
La Task Force on Climate Disclosure favorise une meilleure prise en compte de cette dimension dans les stratégies d’investissement. En France, l’Article 173-VI de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte impose par ailleurs aux investisseurs institutionnels de préciser la manière dont ils prennent en compte le risque climat dans leurs investissements.

5.  Le rôle des collectivités territoriales est majeur pour les décisions de consommation des ressources naturelles (eau, énergie), l’utilisation des sols,la rénovation du parc immobilier ou encore l’investissements dans de nouvelles infrastructures vertes. L’enjeu est particulièrement important dans les villes en forte croissance des pays en développement, particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles liées au changement climatique.

6.  Les entreprises vont devoir réaliser des investissements importants pour réduire leurs émissions. Mais elles ne le feront que si les incitations sont présentes et si elles sont protégées des risques de compétitivité. Par ailleurs, si les grandes entreprises ont peu de mal à trouver des sources de financement dans la plupart des pays, les petites entreprises sont pour leur part, souvent contraintes en capital, surtout dans les pays en voie de développement.

Quelques chiffres clés 
En 2016 :

  • Le besoin d’investissements pour la transition bas-carbone du système énergétique est estimé entre 30 000 et 40 000 milliards de dollars dans le monde (source : IRENA, AIE).
  • Les investissements mondiaux dans le secteur électrique ont dépassé pour la premièrefois ceux dans l’amont pétrolier et gazier.

En 2017 :

  • En France, 31,7 milliards d’euros sont dirigés vers des actifs « verts » (source : I4CE)

En savoir plus sur le FIMC18

Le FIM s’est co-construit dans le cadre d’une nouvelle gouvernance partenariale composée de Météo et Climat présidée par Jean Jouzel, IW2C présidée par Christian Vannier et Alliantis fondée et dirigée par Sylvianne Villaudière, Directrice associée du groupe EcoAct.

  • Le Media-Workshop rassemble une centaine de participants, présentateurs météo d’une cinquantaine de pays et représentants d’organisations européennes et internationales.
  • Le Volet Grand Public est une opportunité pour participer à des ateliers, expositions et débats participatifs en présence d’acteurs engagés pour le climat.
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