Pour une finance verte et résiliente au risque climat

Publié 24th janvier 2020 par Magdalena Jouenne-Mazurek

La transition climatique est au premier plan en Europe avec l’actualité de l’Union européenne centrée sur la neutralité climatique et le Pacte vert européen « EU Green Deal ». En particulier, la finance durable a le vent en poupe grâce au projet « Finance ClimAct », qui réunit des acteurs clés du domaine en France, dont l’AMF et l’ACPR, et qui a récemment été soutenu par la Commission européenne.

Vers les outils d’intégration du risque climatique

La vocation du projet « Finance ClimAct » se résume en effet à apporter aux épargnants, entreprises et institutions financières des outils concrets permettant d’intégrer les enjeux climatiques dans leurs décisions d’investissement. Dans le contexte d’urgence de réorienter les flux financiers pour limiter le réchauffement planétaire en deçà de 1,5°C, l’investissement responsable intervient comme un levier indispensable pour mener à bien la transition énergétique et écologique.

Tour d’horizon des obligations en matière de risque climat en France

Désormais, toute stratégie d’investissement reconnue doit être résiliente aux risques climatiques.

En effet, l’article 173-VI de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte oblige les investisseurs institutionnels et gestionnaires d’actifs à évaluer et à rendre compte de leur exposition aux risques climatiques, tant physiques que de transition, dans leurs portefeuilles financiers. Par ailleurs, ils sont obligés de démontrer leur contribution à la transition vers une économie bas-carbone. Cette obligation rejoint ainsi les recommandations du groupe de travail international sur la transparence des risques financiers liés au climat (TCFD) et passe notamment par l’évaluation de l’exposition de ses investissements face aux scénarios climatiques du GIEC. Pour en savoir plus, découvrez notre article sur l’article 173.

Comment s’y retrouver ?

Concrètement, les investisseurs et les gestionnaires d’actifs peuvent s’appuyer sur les principales méthodologies d’analyse de l’exposition aux risques climatiques des portefeuilles d’investissements et de crédits. Elles sont dorénavant répertoriées dans une nouvelle cartographie et font l’objet d’un rapport dédié, intitulé « Le risque climatique en finance ». En effet, avec ce rapport l’initiative Finance for Tomorrow, réunie avec les acteurs de la Place de Paris, livre les clés de compréhension pour tous les acteurs concernés, que ce soit les investisseurs, les entreprises ou d’autres parties prenantes. Ce rapport résume les méthodes et les outils d’analyse du risque climatique et est illustré par une cartographie des méthodologies qui permet d’y voir plus clair.

Il vient compléter le « Guide d’évaluation du risque Climat dans les portefeuilles d’investissement » publié par la Fédération Française de l’Assurance en 2018, qui conseille les entreprises dans l’identification et la quantification des risques, ainsi que dans la mise en place d’une stratégie. Les méthodes et modèles développés par EcoAct font figure de référence dans les deux ouvrages.

Illustration concrète

A titre d’exemple, EcoAct a développé un outil à la pointe, baptisé ClimFit. Il permet une évaluation de l’exposition et de la sensibilité des actifs réels et financiers, à l’aide d’un score carbone et d’une matrice des risques et des opportunités liés au climat.

Grace à cet outil, les entreprises sont soutenues pour évaluer leurs risques afin de mieux se protéger contre les impacts de la crise climatique. L’enjeux principal est de faire converger les indicateurs liés au financement de la transition et ceux relatifs aux stratégies de décarbonation des portefeuilles.

La taxonomie commune révolutionne la finance durable européenne 

En France, la loi Pacte oblige les assureurs à développer et à proposer à leurs clients des produits durables dès cette année. En outre, un accord majeur pour la finance durable a été adopté le 18 décembre 2019 par la Commission européenne : un accord sur de nouvelles règles encadrant les produits financiers dits « verts » ou « durables ». Il s’agit d’un marché estimé à 200 milliards de dollars. La classification commune des activités vertes est considérée comme une véritable pierre angulaire du plan d’action pour la finance durable proposé par la Commission européenne. En vertu de cet accord les émetteurs de produits financiers devront rendre publique la part exacte de leurs investissements compatibles avec les exigences écologiques. En effet, grâce à une définition commune des actifs verts, cette taxonomie permet aux entreprises et aux financiers de définir la part verte de leurs activités et de leurs financements. Elle pose donc les bases d’un langage commun pour guider les investisseurs dans leurs choix des projets et des activités économiques ayant un impact positif sur le climat et l’environnement.

L’harmonisation du reporting à l’horizon

A cela s’ajoute une autre avancée significative de cet accord : la généralisation du reporting sur les activités vertes. Or, les émetteurs d’obligations et, plus généralement, les entreprises de plus de 500 salariés devront communiquer sur la part durable ou en transition de leurs activités et leurs investissements en faisant référence à la taxonomie commune.

Vers la transition durable et résiliente

Ainsi, nous avançons vers l’harmonisation et la transparence accrues au sein de tout le secteur financier. Pour être à la hauteur des enjeux posés par la crise climatique, il est urgent d’intégrer pleinement la question climatique dans les processus d’investissement et d’embarquer tous les acteurs dans cette transition durable. D’autant plus qu’à l’international, les institutions financières, comme le Fonds monétaire international, intègrent désormais le risque climatique dans leurs prévisions.

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