La Science Based Targets initiative

Adopté en décembre 2015 lors de la COP21, l’Accord de Paris fixe l’objectif central de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels».

Pour permettre aux entreprises de mettre en œuvre, à leur échelle, cet objectif 2°C, le World Resources Institute (WRI), le World Wide Fund for Nature (WWF) et le Global Compact des Nations Unies (UNGC), ont lancé en 2015 la Science Based Targets initiative (SBTi). L’initiative propose aux entreprises plusieurs méthodologies, pour définir des objectifs de réduction de leurs émissions carbone, compatibles avec l’objectif 2°C et pertinents vis-à-vis du ou des secteurs d’activité dans lesquels elles opèrent. Ces objectifs doivent être définis à moyen et long termes et peuvent être exprimés de manière absolue ou relative (par unité de chiffre d’affaires).

Une fois établis, les entreprises peuvent faire approuver leurs objectifs auprès de la SBTi, afin de renforcer la reconnaissance de leur démarche et leur stratégie de communication. En juin 2018, plus de 400 entreprises se sont engagées à agir pour le climat à travers la SBTi. Plus de 100 – parmi lesquelles ATOS – ont vu leurs objectifs validés par l’initiative.

Limites et perspectives autour des Science Based Targets

Pour valider leurs objectifs, la Science Based Targets initative demande aux entreprises de définir :

  • Des objectifs de réduction sur leurs scopes 1 (émissions directes) et 2 (émissions indirectes liées à la consommation d’électricité) ;
  • Des objectifs de réduction sur leur scope 3 (autres émissions indirectes), si ce dernier représente plus de 40% de l’empreinte carbone de l’entreprise.

Pour les banques, le Scope 3 correspondra principalement à leurs actifs sous gestion, dont l’empreinte carbone sera évidemment significative.

Cependant, la SBTi n’a pas encore publié de recommandations pour les objectifs scope 3 de plusieurs secteurs d’activité, notamment le secteur financier. Les banques, les compagnies d’assurance et l’ensemble des acteurs de la finance ne peuvent donc pas, à l’heure actuelle, aller au bout de la démarche en définissant des objectifs de réduction « science based » pour leurs actifs sous gestion.

Le secteur financier joue pourtant un rôle majeur dans la transition bas-carbone de l’économie. Depuis quelques années, un certain nombre d’acteurs du secteur se sont concentrés sur la sortie des énergies fossiles, enjeu certes important mais qui n’embrasse pas l’ensemble des enjeux liés à la transition bas-carbone. Il est aujourd’hui nécessaire d’aller un cran plus loin, en permettant à tous ces acteurs de définir une stratégie robuste, alignée avec l’Accord de Paris.

Notre partenariat avec La Banque Postale pour définir une méthodologie SBT pour le secteur bancaire

Afin de répondre à ce défi, nous avons conclu, en 2018, un partenariat avec La Banque Postale pour participer au développement d’une méthodologie SBT adaptée au secteur bancaire. Dans le cadre du Stakeholder Advisory Group de l’initiative SBT-Finance, dont nous sommes membre, nous contribuerons au développement d’une méthodologie 2°C pour les différents types d’actifs financiers. Nous participerons ensuite à la phase pilote de la SBTi, en accompagnant La Banque Postale dans le déploiement de cette méthodologie.

Aux côtés de La Banque Postale, EcoAct fera ainsi partie des premiers acteurs à concevoir et à mettre en œuvre une stratégie de réduction « science based » dans le secteur financier.

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