Protection de la vie privée dès la conception : instaurer la confiance au service d’une durabilité pilotée par l’IA 

L’IA ouvre un potentiel immense pour accélérer la décarbonation, mais sa puissance impose une gouvernance rigoureuse pour préserver la confiance. Chez SE Advisory Services, nous intégrons la protection des données dès la conception afin de garantir transparence et sécurité.

Magdalena Mazurek

9 Mar 2026 12 minutes de lecture

La confiance, pierre angulaire d’une transition durable guidée par l’intelligence artificielle  

L’intelligence artificielle (IA) représente un fort potentiel pour la décarbonation des organisations. Elle optimise les achats d’énergie. Elle anticipe les émissions de GES. Elle traite les données à l’échelle et à la vitesse que les processus manuels ne peuvent pas atteindre.  

L’IA qui s’appuie sur des agents autonomes permet à des systèmes d’analyser une situation, de prendre des décisions et d’exécuter des actions de manière indépendante. Elle ouvre ainsi la voie à une automatisation plus avancée de tâches nécessitant habituellement un jugement humain. D’ici à 2028, un tiers des applications logicielles d’entreprise devraient intégrer de tels agents, contre moins de 1 % en 2024, selon Gartner

Les organisations se pressent d’adopter ces agents, capables d’améliorer la qualité des données et de contribuer aux grands défis de la durabilité. Cependant, la puissance et la rapidité exigent des contreparties : données ESG sensibles, exigences réglementaires complexes et capitalconfiance des clients imposent d’adosser l’innovation à une gouvernance rigoureuse. 

Chez SE Advisory Services, nous inscrivons la protection de la vie privée dès la conception dans chaque couche de notre plateforme d’IA. C’est le socle de nos systèmes intelligents. Notre mission est claire : accélérer la décarbonation mondiale tout en garantissant sécurité des donnéestransparence et conformité

Illustration concrète de cette mission : Resource Advisor+, nouvelle plateforme intelligente dédiée à l’énergie et au développement durable.

Resource Advisor+ est une plateforme qui libère tout le potentiel des données au sein de l’organisation et ouvre l’accès à une suite de produits conçus pour accélérer la transformation durable. Grâce à l’intelligence artificielle, cette plateforme et son écosystème de solutions spécialisées ont pour vocation de remplacer les divers outils de gestion par une expérience unique, intégrée et intelligente. Elle évite ainsi le fractionnement des données entre plusieurs systèmes cloisonnés, regroupant des fonctionnalités avancées de gestion des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de l’énergie, de décarbonation de la chaîne d’approvisionnement, d’évaluation des risques climatiques et de reporting extra-financier.  Véritable centre de pilotage intelligent, Resource Advisor+ permet aux entreprises de consolider toutes leurs données, de prendre des décisions plus rapidement et de déployer des initiatives d’efficacité énergétique ou de développement durable.

La protection des données au cœur de nos priorités 

Au-delà des avancées en matière d’IA et d’automatisation, la protection des données demeure une priorité absolue pour SE Advisory Services et Schneider Electric. Comme le rappelle Kevin Price, Directeur et Architecte logiciel : « La manière dont nous protégeons les données constitue l’élément le plus critique de l’architecture technologique. »   

Question centrale : comment Schneider Electric, entreprise reconnue pour son excellence en matière de durabilité, conduit-elle la transition technologique de l’énergie de façon sécurisée et responsable ?

Données et gouvernance : la priorité dans l’IA appliquée à l’énergie et à la durabilité 

Pour les directions de la durabilité, les données environnementales, sociales et de gouvernance ne sont pas de simples chiffres. Ce sont des actifs stratégiquesconfidentiels, souvent soumis au RGPD (Règlement général sur la protection des données de l’Union européenne), au California Consumer Privacy Act (ÉtatsUnis), ainsi qu’aux lois nationales d’Asie comme la PIPL (Chine) ou l’APPI (Japon). Dans ce contexte, le moindre faux pas érode la confiance et peut freiner les projets.  

Les préoccupations récurrentes portent sur : 

  • l’usage détourné ou l’accès non autorisé aux données ; 
  • l’opacité des décisions de l’IA ; 
  • la qualification des données ESG comme confidentielles. 

Nos clients, engagés dans des trajectoires de décarbonation ambitieuses, doivent aborder l’IA à agents avec la certitude que leurs données sont sécurisées et utilisées à bon escient. D’où la nécessité d’une gouvernance posée dès l’origine pour répondre, preuves à l’appui, à ces attentes. 

Une architecture pensée pour la confidentialité : partir du socle 

Notre logiciel d’IA fondée sur des agents autonomes est conçu autour de la protection des données. Plusieurs mécanismes structurent cette exigence : 

1. Vérification cryptographique de l’identité 

Chaque requête d’accès est vérifiable cryptographiquement. Signature numérique, infrastructures à clés publiques, chiffrement : l’identité de l’entité (personne, équipement, service) est attestée et reliée à un fournisseur d’identité fédéré. 

2. Cloisonnement des données entre clients 

Les agents héritent strictement des droits de l’utilisateur qu’ils assistent ; ni plus, ni moins.  Cette règle, fixée de manière stricte et non modifiable, bloque toute tentative de contournement, y compris les attaques de type jailbreak.  

En d’autres termes : il est impossible de forcer un agent à accéder aux données d’un autre utilisateur

3. Anonymisation et absence d’informations permettant une identification 

Nous n’enregistrons pas d’identifiants directs (noms d’entreprises, données personnelles). Éviter les données à caractère personnel renforce la confidentialité et la conformité. Comme l’explique Andy Hutchison, responsable cybersécurité chez SE Advisory Services : « Sécuriser, c’est protéger la donnée. Nous avons conçu notre IA à agents pour que chaque accès soit vérifiable cryptographiquement — sans raccourci. » 

4. Conformité et normes : des agents conçus pour être auditables 

La gouvernance des données ne vise pas que l’interne. Elle s’aligne sur des référentiels internationaux pour garantir exactitude, sécurité et éthique d’usage. 

  • ISO 42001 (gouvernance de l’IA) et ISO 27001 (sécurité de l’information) 
    Les principes sont intégrés dans le cycle de développement. ISO 42001 impose évaluations de risques documentées, supervision humaine, journaux de décision. ISO 27001 garantit confidentialitéintégritédisponibilité via des contrôles stricts. Les agents fonctionnent dans un cadre de permissions défini à l’avance, au sein d’un environnement sécurisé et entièrement traçable. 
  • Règlement européen sur l’IA (EU AI Act) 
    Le Règlement européen sur l’IA établit un cadre fondé sur quatre niveaux de risque pour encadrer les usages de l’intelligence artificielle. 
    • Risque inacceptable : systèmes interdits, comme la notation sociale ou la manipulation comportementale. 
    • Risque élevé : IA mobilisant des données sensibles ou des applications critiques (ex. reconnaissance faciale, décisions à fort impact) — non utilisées par Schneider Electric
    • Risque limité : obligation de transparence, par exemple pour des outils d’aide à la décision en matière d’investissement, de modernisation de sites ou d’achats d’électricité d’origine renouvelable. 
    • Risque minimal : peu voire pas de contraintes réglementaires. 

Le règlement interdit également des pratiques portant atteinte aux droits fondamentaux (manipulation subliminale, exploitation de vulnérabilités, catégorisation biométrique, inférence émotionnelle au travail ou à l’école, constitution de bases d’empreintes faciales, etc.). Notre développement respecte ce cadre : transparenceinterdiction des pratiques prohibéesmesures de conformité appliquées à l’ensemble des solutions d’IA. 

  • Attestation SOC 2 Type II (Service Organization Control), un rapport d’audit de sécurité reconnu 
    Ce référentiel atteste que nos contrôles de sécurité, de confidentialité et de disponibilité sont efficacement conçus et fonctionnent dans la durée, à l’issue d’audits indépendants. Des tests d’intrusion jusqu’à la surveillance continue, ces contrôles sont intégrés au cycle de développement pour garantir que chaque action d’un agent demeure conforme aux meilleures pratiques. 
  • Cycle de développement sécurisé (Secure Development Lifecycle, SDL) intégré à l’ingénierie logicielle. 
    Nous intégrons contrôles de sécurité, analyses d’impact sur la vie privée et modélisations de risques à chaque étape : conception, construction, déploiement. À la clé : analyse automatisée du code, tests d’intrusion réguliers, détection des vulnérabilités (outils tels que GitHub, Coverity, Black Duck). Résultat : un système d’IA intégrant des agents autonomes sécurisé dès sa conception. 
    Comme le souligne notre Livre blanc « Cybersécurité dès la conception » : « Le processus SDL rend les produits plus résilients. À mesure que les nouveaux produits remplacent les anciens, l’ensemble des systèmes gagne en cybersécurité. » 

Conséquence clé : chaque décision prise par un agent est auditable. Une valeur ESG présentée ? Nous pouvons remonter à la source documentaire et aux étapes de raisonnement. Si une affirmation est avancée (« les incidents de sécurité ont diminué de 83 % »), elle est étayée par des données et des références traçables.  

Nos clients veulent une IA fiable. Nous fournissons la preuve. Comme le rappelle Jeff Willert, Directeur Data Science : « Ces outils d’IA ne sont pas toutpuissants ; ils sont strictement contraints. » 

Apprentissage et automatisation : quel niveau de confidentialité ? 

A la question fréquente : « Quelles données ont servi à entraîner le modèle ? », voici notre réponse : aucune donnée client, par choix. Ajuster un grand modèle sur des données propriétaires expose à des risques de fuites inter clients. Nous privilégions une recherche dynamique d’information : l’agent récupère ce dont il a besoin, dans le cadre de permissions strictes. 

Nous entraînons nos modèles sur des données synthétiques : jeux artificiels reproduisant les structures du réel, sans contenu propriétaire ni données personnelles. Cette approche est conforme au RGPD, protège la confidentialité et limite les biais issus de corpus sensibles. 

Comme le résume Kevin Price« Les agents n’errent pas librement. Ils héritent intentionnellement des gardefous intégrés à la plateforme : identité, contexte, permissions, restrictions d’accès. Chaque agent n’agit que dans le périmètre et avec les privilèges de l’utilisateur authentifié qu’il représente. » 

Maîtriser les risques liés à l’usage de l’IA

La gestion des risques est multicouche et continue :

  • Tests rigoureux : Nous validons entrées et sorties. Nous bâtissons des vérités terrain (jeux de référence) pour évaluer l’exactitude et la qualité du raisonnement. Même une bonne réponse pour de mauvaises raisons est préoccupante. En cas d’incertitude, l’agent sait déclarer son impossibilité de répondre plutôt que d’induire en erreur. 
  • Défense en profondeur : Des garde-fous filtrent contenus nuisibles ou hors sujet. Des contrôles de tonalité et de comportements hostiles ajoutent une couche protectrice. 
  • Agents contraints : Les agents rejettent les requêtes mal formulées et fonctionnent dans un cadre de paramètres strictement délimité. Exemple : un outil qui recommande des options d’achats d’électricité renouvelable, limité à des sources vérifiées et bas carbone, ne proposera jamais des solutions fossiles. Chaque version subit des tests d’intrusion avant publication. 
  • Mises à jour continues : Les grands modèles de langage évoluent vite. Nous adaptons nos systèmes par itérations courtes, sans compromettre la sécurité. Notre IA frugale progresse de concert : mêmes performances, tout en mobilisant moins de ressources. 
  • Évaluations de risques d’IA : Chaque solution subit une revue de conformité au règlement européen sur l’IA, une revue de responsabilité, une modélisation de menaces et une analyse de code. Nos experts partagent ces évaluations et instaurent les meilleures pratiques. 

Gouvernance dynamique dans un paysage en mutation

La gouvernance de l’IA n’est pas statique. Nous nous améliorons en continu, avec audits, retours clients et revues trimestrielles de transparence. Chaque interaction d’agent est journalisée (appel d’outil, étape de raisonnement, décision). En cas d’erreur, nous localisons précisément où corriger. Paradoxalement, cette traçabilité rend l’IA plus transparente que bien des décisions humaines, dont les hypothèses et les raisonnements restent souvent implicites. 

Les erreurs surviennent, qu’elles soient humaines ou algorithmiques. L’enjeu est la responsabilité et la redevabilité : « Conservons nous une trace exploitable de ce que nous faisons ? » Cette piste d’audit construit la résilience et nourrit la confiance.

Conclusion : une IA responsable comme accélérateur de décarbonation 

La protection de la vie privée dès la conception n’est pas une case à cocher. C’est un levier stratégique. En imbriquant la gouvernance au cœur de nos agents d’IA, nous donnons aux dirigeants et aux responsables de la durabilité les garanties pour exploiter l’IA en confiance, et accélérer leurs progrès en matière de climat, d’énergie et de chaîne d’approvisionnement. 

Envie d’aller plus loin ? Découvrez comment notre nouvelle plateforme intelligente pilotée par l’IA soutient votre feuille de route de décarbonation et de résilience. 


Version anglaise : https://perspectives.se.com/latest/privacy-by-design-building-trust-for-ai-driven-sustainability