Bilan climatique d’une année qui se devait dédiée à la biodiversité

L’année 2020 a laissé entrevoir des solutions en faveur du climat

L’année 2020 fut une année des plus atypiques avec un impact pour l’environnement qui l’a été tout autant. Marquée par des engagements politiques cruciaux, mais bien sûr et avant tout, par une pandémie mondiale, et des confinements qui auront permis au premier trimestre 2020 de donner un peu de répit à la planète. Un répit se traduisant notamment par une chute des émissions de CO2 de 8,8 %. Donnée qui semble colossale (c’est plus que durant la Seconde guerre mondiale ou le krach boursier de 2008) mais qui révèle pourtant le chemin qui reste à parcourir. En effet, cette baisse est celle que la communauté internationale devrait atteindre chaque année jusqu’à 2030, si nous souhaitons atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris.

Une prise de conscience donc pour les gouvernements, les organisations et plus encore, les citoyens, de la lourde tâche qui nous attend. Car s’il est bien sûr impossible de mettre en stand-by pendant des semaines nos économies pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, cette situation aura permis de laisser entrevoir des solutions.

Le recours massif au télétravail

La première, qui semble la plus simple et évidente mais que les politiques publiques n’étaient jamais parvenues à généraliser jusqu’alors, est le recours massif au télétravail. Avec pour conséquence immédiate d’éviter les émissions dues aux véhicules « carbonés ». Reste à présent à découvrir les effets à plus long terme que cette nouvelle organisation aura sur les entreprises et administrations, mais il y a fort à parier qu’un retour en arrière complet est impossible.

Avec pour conséquence immédiate d’éviter les émissions dues aux véhicules « carbonés ». Reste à présent à découvrir les effets à plus long terme que cette nouvelle organisation aura sur les entreprises et administrations, mais il y a fort à parier qu’un retour en arrière complet est impossible.

La digitalisation accélérée favorisant la mobilisation et la résilience

Autre solution que ce confinement a mis sur le devant de la scène : la digitalisation des événements et grandes rencontres internationales. Même si nous ne devons pas négliger l’impact du numérique sur le réchauffement de la planète et l’importance fondamentale pour les individus de se rencontrer, il apparait essentiel de réfléchir à deux fois aujourd’hui aux alternatives logistiques qui s’offrent à nous pour de telles rencontres.

L’exemple porté par des étudiants qui ont décidé d’organiser la COP2 Étudiante entièrement à distance – en écho à la COP26 qui a été reportée faute de pouvoir se tenir en présentiel – prouve la résilience et l’évolution des mentalités chez les jeunes générations et dénonce un paradoxe déjà soulevé par Greta Thunberg en 2019 quand elle s’était rendue par bateau au sommet mondial de l’ONU : quoi de plus absurde que de systématiquement rassembler des acteurs du monde entier dans le but de discuter de l’action climatique internationale et pour cela de s’y rendre… en avion (souvent privé).

La quantité d’outils et de solutions novatrices qui ont vu le jour cette année nous rendent optimistes sur le fait que ce secteur se réinvente pour le mieux.

De la prise de conscience collective aux mesures concrètes de décarbonation

Une reconfiguration totale de notre usage du temps et de l’espace s’est opérée, notamment via la modification de l’occupation de notre territoire : les habitants de grandes métropoles se tournent vers les campagnes et villes secondaires ; les politiques ont traduit ces changements avec des solutions telles que la « Ville du quart d’heure à Paris », la multiplication des pistes cyclables, ou encore des programmes d’embellissement. Des mesures territoriales qui viennent aussi en écho à la « vague verte » des élections municipales en juin 2020, preuve des attentes locales et immédiates des citoyens. Autre signe fort : les feuilles de route et programmes nationaux et européens consacrés à l’environnement – à l’image de la Commission européenne – n’ont pas été stoppés ou modifiés pendant la crise et les engagements pris, à l’image du Pacte vert européen, sont toujours bien d’actualité.

Dans la continuité des engagements citoyens, ce sont également les entreprises qui prennent de plus en plus de mesures concrètes. Nombreuses ont été celles, même au cœur de la crise, à s’engager publiquement vers zéro émission nette et à lancer des programmes ambitieux.

Enfin, brique fondamentale si l’on souhaite réellement changer de paradigme : le secteur financier et les investisseurs prennent la mesure des attentes et de l’urgence ; les fonds verts se multiplient. Les diverses mesures ayant attrait à la taxonomie verte commune n’y sont pas non plus étrangères…

Tous l’ont maintenant compris : le changement climatique pèse déjà concrètement sur l’économie et beaucoup de modèles d’affaires. Seules les entreprises qui s’adapteront le mieux et le plus tôt possible, et s’entoureront de partenaires partageant leur vision à long terme, auront la possibilité de survivre.

Si la prise de conscience est collective, le temps pour les États de faire la preuve de leurs engagements fait aussi son entrée sur les scènes française, européenne et mondiale. Citoyens et justice demandent des comptes aux gouvernements à l’image du Conseil d’État saisi par la commune de Grande-Synthe le 19 novembre dernier pour « inaction climatique » de la France, ou encore de la Cour européenne des droits de l’homme qui a demandé le 30 novembre, à 33 pays, dont la France, de justifier leur action climatique. Cette décision juridique fait notamment suite à la plainte déposée en septembre dernier par six jeunes Portugais, âgés de 8 à 21 ans.

2021 : l’année de la plus importante COP pour le climat depuis la COP 21 et l’adoption de l’accord de Paris

Prise de conscience globale donc et des réglementations internationales qui se consolident et s’accélèrent. 5 ans plus tard, l’accord de Paris reste la référence d’un consensus international indispensable, en témoigne le retour prochain des États-Unis, une des toutes premières mesures du quinquennat de Joe Biden en parallèle de la nomination de John Kerry comme premier représentant du Président pour le Climat. A l’image aussi de la Chine qui a fixé un objectif de zéro émission nette d’ici à 2060 et l’atteinte du pic en 2030.

Reste à espérer que tous ces changements, accélérés, attendus ou révélés par la crise ouvrent sur une année 2021 où le climat et la préservation de la biodiversité seront le point d’ancrage de toutes les futures grandes décisions économiques et politiques.

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