Bonne année 2018 !

Nous avons tous travaillé d’arrache-pied au cours de l’année écoulée pour continuer à changer la donne face au changement climatique. Si 2017 a compté son lot de mauvaises nouvelles – reprise à la hausse des émissions mondiales de gaz à effet de serre, hausse des températures, ouragans dévastateurs, sécheresses et incendies -, il y a des raisons d’espérer que les gouvernements, les entreprises, les organisations et les citoyens s’efforceront de progresser en 2018.

Les institutions financières face aux risques climatiques : des décisions d’investissement pour changer la donne ?

Les institutions financières sont particulièrement exposées aux risques climatiques. Il s’agit d’abord des risques physiques, tels que les événements météorologiques extrêmes qui endommagent les actifs et multiplient le recours aux assurances. Il s’agit également des risques de transition liés aux attentes fortes quant au rôle des institutions financières dans la transition bas-carbone: l’Agence Internationale de l’Energie estime en effet qu’il faudrait 1 000 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 pour financer la transition vers une économie à faible intensité carbone.

La communication et la transparence des entreprises sur leur prise en compte du changement climatique est donc plus importante que jamais pour les investisseurs.  Qu’il s’agisse de reporting, par l’intermédiaire de cadres tels que le CDP ou le DJSI, ou de la publication d’indications boursières sur le reporting RSE par des indices tels que le London Stock Exchange Group, le message pour les sociétés cotées est clair : le reporting climat est devenu pertinent et nécessaire à la prise de décisions éclairées par les investisseurs.

La tendance à l’échange d’informations sur la performance non financière se manifeste également à travers la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), présidée par Michael Bloomberg et soutenue par Mark Carney. Cette dernière encourage les organisations à rendre compte de l’impact probable du changement climatique sur leurs activités. Il s’agit notamment d’aborder les risques physiques et de transition, les possibilités offertes par la transition vers une économie à faible intensité carbone et les répercussions financières.

Alors que les investisseurs cherchent à différencier les entreprises qui identifient les risques climatiques et les opportunités liées à la transition bas-carbone de celles qui ne le font pas, le reporting climatique devient de plus en plus stratégique. Il sera d’autant plus pertinent en 2018, à mesure que le CDP s’aligne sur les recommandations de la TCFD.

La marche en avant des énergies renouvelables

En 2017, la Grande-Bretagne a passé une journée entière sans utiliser de charbon pour sa production d’électricité (une première depuis 1882 !), le Costa Rica a produit assez d’énergie renouvelable pour assurer sa consommation électrique pendant 300 jours et globalement, les indicateurs sont au vert : selon l’Agence Internationale de l’Energie, l’année 2017 a vu une augmentation globale de 165 gigawatts (GW) de la production d’électricité renouvelable, principalement due à la réduction des coûts et aux changements de politiques gouvernementales. Il est important de noter que la capacité photovoltaïque mondiale, boostée par l’amélioration de la technologie et la baisse des prix de production et d’achat, a bondi de 50%, devenant ainsi la source d’énergie qui croît le plus rapidement au monde.

Dans la partie néerlandaise de la mer du Nord, plusieurs entreprises ont par ailleurs proposé de bâtir un parc éolien sans aucune subvention. Il s’agit du tout premier appel d’offre du genre pour la production d’énergie éolienne. Cette première mondiale témoigne de la viabilité commerciale de ce type de projet.

Malgré les nombreuses améliorations pour accroître la capacité, améliorer la disponibilité et réduire le coût des énergies renouvelables, de nombreux défis restent à relever. Il s’agira notamment d’équilibrer l’offre et la demande, d’améliorer la capacité de stockage des batteries et de développer les réseaux intelligents. Ces défis ouvrent la voie à de nombreuses innovations.

L’action climat comme levier de performance

Pour les investisseurs comme pour les dirigeants d’entreprise, il apparaît de plus en plus clairement que la prise en compte du changement climatique constitue un véritable levier de à court, moyen et long terme.

Notre rapport « Performance Climat : où en sont les entreprises du CAC 40 ? », publié en novembre dernier, a révélé quelques exemples intéressants sur la manière dont ces entreprises intègrent le développement durable au cœur de leur stratégie :

  • Tous les quatre mois, Schneider Electric mesure et rend compte de ses impacts environnementaux à l’aide des indicateurs du baromètre 2015-2017 de Planet & Society. Ce baromètre évalue les résultats de l’entreprise sur cinq enjeux clés, y compris le climat et l’économie circulaire. Ces résultats sont présentés par le PDG et le directeur financier du Groupe afin de démontrer aux investisseurs institutionnels et aux spécialistes du développement durable leur importance dans la stratégie à long terme de l’entreprise.
  • Solvay mise sur l’innovation pour favoriser le développement d’un modèle de chimie plus durable. Ainsi, l’entreprise concentre son action sur le développement de solutions à valeur ajoutée sociale et environnementale. Grâce à son Sustainable Portfolio Management (SPM), Solvay évalue l’impact de ses produits et favorise l’investissement responsable. Ainsi, l’entreprise révise son modèle commercial en privilégiant les produits plus pérennes et responsables pour un futur bas-carbone et durable.
  • Privilégiant l’action sur le long terme, Unibail-Rodamco défend une vision durable pour le développement ou le redéveloppement de lieux d’achats, de travail et de vie. Pour cela, Unibail- Rodamco gère et surveille scrupuleusement la performance de ses actifs et de ses nouveaux développements. La stratégie environnementale du Groupe est basée sur deux Systèmes de Gestion Environnementale (EMS) complémentaires, qui réduisent l’impact de ses actifs à chaque étape de leur cycle de vie, de la conception à l’exploitation quotidienne. Ces EMS aident le Groupe à réaliser des projets plus durables et modulables, et à garantir que les actifs sont gérés efficacement dans une perspective de développement durable, pérenne économiquement, et favorable à l’emploi.

 

Il y a donc des raisons d’espérer, même si nous reconnaissons qu’il reste encore beaucoup à faire. Nous conseillerons et guiderons nos partenaires tout au long de l’année 2018 dans leur gestion des risques climatiques, dans l’identification des opportunités et la prise en compte du développement durable dans leurs modèles économiques. Si vous éprouvez vous aussi le besoin d’être accompagné face au climat, n’hésitez pas à nous solliciter !

Téléchargez notre rapport « Performance climat : où en sont les entreprises du CAC 40 ? » :

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